Si les sets carrés et les vieilles légendes du Québec ont survécu jusqu’en 2021, c’est grâce à des passionnés comme Michel Faubert ou les musiciens du Vent du Nord et de Grosse Isle. Bien avant qu’il ne fonde Les Charbonniers de l’enfer, le prolifique chanteur et conteur Michel Faubert, figure de proue de la scène trad au Québec, a décroché un drôle de job dont il parle encore avec émotion. Il avait 19 ans quand, en pleine ferveur nationaliste, le Musée régional de Vaudreuil-Soulanges lui a confié la mission de frapper à la porte de vieux résidants de la région, en Montérégie-Ouest, afin de les « collecter ». Ce qui impliquait d’enregistrer et de noter les légendes, les contes et les chansons des anciennes générations, avant que ces dernières n’emportent dans leur tombe des fragments de la tradition orale québécoise — une culture unique en son genre sur la planète, en raison de ses origines à la fois française, américaine, irlandaise, anglaise et écossaise.