En 1818, le fondateur de Drummondville, Frederick George Heriot, donne aux catholiques les lots 8, 9 et 10 de la rue Brock sur lesquels ils construisent, dès 1822, une église modeste par ses dimensions et ses matériaux. De plus, Heriot donne au premier missionnaire Raimbault un lavabo en argent massif et un tableau de saint François d’Assise. En reconnaissance de ces libéralités de Frederick George Heriot, l’évêque de Trois-Rivières choisit de placer la nouvelle paroisse et son église sous le patronage de Frédéric, petit-fils de Radbod qui gouvernait la Frise avant sa conquête par les Francs.
La communauté catholique, formée majoritairement d’émigrants irlandais, est desservie, entre 1816 et 1846, par sept missionnaires qui s’expriment parfaitement en anglais. Deux d’entre eux succomberont à une maladie contractée au chevet des typhiques de la Grosse-Île. La première église est démolie en 1879 pour faire place à un édifice plus grand, situé sur la place Saint-Frédéric, la façade orientée vers la basse ville. Cette deuxième église est la proie des flammes en 1899. Sur le site de la première église, on construit la troisième église, au coût de 85 000 $, ouverte au culte le 8 octobre 1900. L’aménagement de l’église haute est complété en 1907 seulement. Les livres de comptes de la Fabrique signalent des honoraires versés entre 1905 et 1907 à R. A. Brassard, architecte, de plus de 1500 $, par tranches de 100 $ à 500 $. Le 25 décembre 1921, après les vêpres, la troisième église Saint-Frédéric est la proie des flammes. Seuls les fondations et les murs de maçonnerie résistent à l’élément destructeur.
Louis-Napoléon Audet est âgé de 41 ans lorsqu’il accepte, en 1922, le mandat d’élaborer les plans de la quatrième église Saint-Frédéric. Formé par l’architecte Wilfrid Grégoire (Sherbrooke), Audet est un bâtisseur prolifique d’églises, en plus d’avoir contribué à la construction de quatre cathédrales : Sainte-Anne-de-Beaupré, Moncton, Bathurst, Valleyfield. Dans la Revue dominicaine, il a signé un article déplorant l’utilisation de matériaux truqués (imitation de marbre, de chêne) qui prônent le faux et le mensonge dans les églises catholiques où l’on prêche la vérité.
Les travaux de reconstruction débutent le 23 juin 1922. Pour la somme de 112 000 $, Théodore Hallé s’engage à livrer une église terminée à l’extérieur, moins le parvis, et un soubassement terminé, moins les luminaires et les autels. Le recouvrement de la toiture, prévu en bardeau d’asphalte, sera en cuivre laminé à froid. On privilégie les matériaux incombustibles, dont le béton armé pour les planchers de l’église et des tribunes, pour les bases de flèches du clocher et de la tour sud et pour les piliers le long des murs qui reçoivent la voûte soutenue par des fermes en acier. La pierre d’ornementation doit appareiller la pierre à chaux taillée employée sur l’église incendiée. Les roses sculptées dans la tour et les meneaux des grandes fenêtres du transept et de la façade sont également en pierre. Le mortier est pressé à la truelle dans les joints et lissé au fer. On pose des briques réfractaires d’Écosse appareillant les briques bien cuites et bien moulées de l’église incendiée. De plus, les briques sont liées de la manière ordinaire, c.-à-d. un rang de boutisses à chaque six rangs. De janvier 1922 à juin 1923, les offices paroissiaux ont lieu dans un édifice nouvellement construit par J.-O. Montplaisir sur la rue Lindsay, lequel édifice est par la suite converti en usine, puis en entrepôt. Le 9 septembre 1923, on célèbre la première messe dans le soubassement de l’église en construction. Le 10 mai 1925, on commence à célébrer dans l’église haute la grand-messe dominicale et les vêpres sur les 1600 chaises fabriquées dans les ateliers de John Marier (Drummondville). La construction du parvis est confiée, en 1924, à Joseph Morissette (Saint-Georges-de-Beauce). Il compte 20 marches interrompues par deux paliers. En 1928, l’entreprise Paquet & Godbout (Saint-Hyacinthe) s’engage à parachever l’intérieur de l’église haute avant le 1er février 1929, selon les devis de l’architecte Audet. Le contrat s’élève à 96 600 $.
D’inspiration néogothique, l’église Saint-Frédéric de Drummondville impressionne par l’utilisation généreuse des matériaux les plus nobles, soit le marbre et le bois de chêne blanc. L’orgue de grande facture, l’abat-voix, le retable finement sculptés de même que les verrières signées Pellus constituent les éléments les plus frappants d’un ensemble intérieur sobre et vrai. La longueur de l’édifice, de l’abside à la porte centrale, mesure 188 pi et la hauteur de l’église supérieure, du plancher à la voûte, a 49 pi. La tour clocher mesure 24 pi par 24 pi à la base, et 135 pi de hauteur. Si on y ajoute la croix et le coq gaulois, elle atteint 150 pi. La petite tour mesure 14 pi par 14 pi et 70 pi de haut.
Orgue de tribune : Casavant et Frères, Opus 1448, 1931 (Casavant et Frères, Opus 229, 1907).
Orgue de chœur : Casavant et Frères, Opus 1808, 1946.
Commentaire historique